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Lacarrière, Jacques, Chemin faisant: mille kilomètres à pied à travers la France (Paris: Fayard, 1974).

Chronique d'une traversée de la France à pied devenu un classique de la littérature de voyage suivi de La mémoire des routes

Depuis le temps que ce livre existe - la première édition date de 1973 - la marche buissonnière et les chemins ruraux ont fini par devenir familiers à bien des lecteurs anciens et nouveaux. Et aussi la découverte ou redécouverte de ce que la nature, visitée en prenant tout son temps et en une suite de flâneries sereines , peut apporter d'enrichissant aux temps morts ou aux temps libres de notre vie. Ce livre n'a jamais eu d'autre ambition que de noter mon étonnement - et parfois aussi mon agacement ou mon émerveillement - quotidien devant les découvertes et les rencontres de chaque jour. Chemin faisant n'est donc pas un livre sur la marche, encore moins un guide des sentiers pédestres mais la chronique au jour le jour d'une expérience et d'une initiation de quelques mois à une vie vagabonde à travers les paysages de la France. Une façon aussi de m'éprouver en affrontant chaque jour des épreuves différentes car il n'existe nulle part de manuel du parfait chemineau. Le but de cette longue marche fut donc avant tout le désir de me muer - le temps d'une saison - en véritable errant. Restait ensuite à fixer cette errance, ce que je fis quelques années plus tard, à capturer et emprisonner l'horizon dans la cage des pages. J'espère qu'à la lecture il reste encore de ces chemins d'errance le parfum d'un herbier vivant. (Jacques Lacarrière, 25 mars 1998)


« Tout est dans le choix d'un chemin plutôt qu'un autre. Par hasard ? Ou parce qu'un bûcheron vous conseille l'inévitable et fatal "tout droit" qui conduit tout droit à un croisement ? De toute façon on ne peut suivre qu'un seul chemin à la fois. Quand on marche il faut abandonner l'idée de tout voir, de tout parcourir, de tout rencontrer, et se laisser guider jusqu'aux petits hôtels-pensions de province, "avec leurs odeurs de chats incontinents". Il faut aussi subir la méfiance des villageois à l'égard des randonneurs (des vagabonds ?) et la difficulté de trouver un gîte pour la nuit quand on n'est pas un touriste comme les autres. Car "l'infrastructure hôtelière est conçue en fonction des routes fréquentées, des autos, des sites touristiques, rien n'est prévu pour le marcheur." Sauf en de rares endroits "on ne reçoit pas chez soi des inconnus." » (extrait d'un commentaire de Lionel sur son site Bibliorando)

« Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd'hui que de découvrir ou redécouvrir nos paysages et nos villages en prenant le temps de le faire. Savoir retrouver les saisons, les aubes et les crépuscules, l'amitié des animaux et même des insectes, le regard d'un inconnu qui vous reconnaît sur le seuil de son rêve. La marche seule permet cela. Cheminer, musarder, s'arrêter où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin. » (Jacques lacarrière)


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